Les définitions du Vaudou

En langue fon, vaudou signifie – ce qu’on ne peut élucider, la puissance efficace.
Il peut également être traduit par dieu, ou esprit. Il est l’ensemble des divinités ou orisha que l’on adore dans la plupart des régions Adja Tado
(le sud du Bénin) et Yoruba.
Selon Joseph Adandé (2003), le vodou serait animisme à visage polythéiste, dans la mesure où l’adepte semble reconnaître dans une multitude de divinités qui peuvent cohabiter sans se heurter, des dieux qu’il vénère. Loin d’être polythéiste, le vodou serait une religion

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monothéiste où l’on reconnaîtrait un seul et unique Dieu inaccessible, dont les différentes facettes s’exprimeraient à travers l’ensemble des forces cosmo-telluriques telles que la foudre ou encore des maladies éruptives comme la variole si crainte en Afrique, malgré les progrès de la
connaissance qui s’étendent à la toute puissante chimiothérapie. Pour les initiés au sens plein du terme, le vodou est d’abord une entité immatérielle qui surpasse l’homme. Le vodou est une force, une énergie qui peut emprunter plusieurs canaux pour s’exprimer. Joseph Adandé pense qu’il est difficile de définir le vaudou, et qu’il est malaisé de décrire les composantes des panthéons. Chez les Fons, groupe ethnique du Sud du Bénin, les ethnologues s’accordent à classer les vodous en deux grandes catégories : les to vodou ou vodou de vénération collective, et les hennuvodou ou vodous familiaux.

Les différentes sortes de vaudous répertoriés
Le créateur serait, d’après les adeptes du culte vodou Mawu et Lissa incarnation des principes masculin et féminin. De Mawu et Lissa seraient nés quatorze enfants dotés de pouvoirs surnaturels, ceux-ci auraient eu comme descendants Chango ,et Gou , le dieu du tonnerre, et dieu du fer, Sakpata, le dieu de la terre ou de la variole, à ces dieux principaux qui constituent la base du vodou. Viennent s’ajouter d’autres dieux subalternes, que des chercheurs béninois ont pu identifier au nombre de 260. Sur ce point, je peux citer les exemples suivants :
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Achina,
c’est un « ta vodou », vodou qui se porte sur la tête, il se porte aussi sur les épaules. Son porteur a un nom et c’est en fonction de son rôle au couvent. Il le joue jusqu’à sa mort.
Bogniaho (2001) fait un répertoire onomastique dans les couvents du Sud Bénin, surtout ceux de la vallée de l’Ouémé. Il donne les noms de chaque initié selon sa fonction spirituelle dans le couvent. Ce nom l’accompagne et est lourd de signification.
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Hêviosso
,
vodou du tonnerre, de la foudre, ses fidèles portent une hache à double lame

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Lègba,
vodou à la fois généreux et méchants.
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Ninssouhoué
 Représentants des ancêtres, à qui on doit la vénération

Tohossou,
c’est un dieu qui s’incarne dans le sein de la femme dite
innocente
. Ces enfants
sont ce qu’on peut appeler en français des nains. Ils sont doués, très respectés et assurent de la richesse matérielle à leur famille. À leur mort (ils meurent généralement très vite), ils sont jetés à la mer, après des cérémonies rituelles, où on pense qu’ils retournent à leur espace vital.
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Mamiwater
, c’est la déesse de la mer. Elle aime le grand luxe et ses adeptes sont les plus parées, les plus belles et les plus parfumées. Elles ne portent que le blanc. Elles sont formées dans des couvents spéciaux, on les appelle les Mamissi.
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Abikou
, dieu bienfaiteur pour les enfants anormaux. Son lieu de prédilection est la forêt (Quenum, 1998, p. 50). Il défend automatiquement tous les enfants nés après plusieurs fausse-couches ou décès de leurs aînés. Il les attache à la vie en maintenant les frères et sœurs aînés défunts dans leur monde, de l’autre côté du miroir.
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Hovi,
sorte de divinités extrêmement vénérées. Ce sont en fait les jumeaux, leurs mères jouissent d’une considération particulière (Quenum, 1998, p. 65). La ville de Ouidah, cité vodou par excellence est appelée la ville des jumeaux (Merlo, 1940). Une fois par année, tous les jumeaux et toutes les jumelles du sud Bénin s’y retrouvent pour une grande fête sous l’égide des vodous.
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Kocou
est un vodou très violent et belliqueux. Il aime se donner en spectacle, mais ça finit toujours mal. Beaucoup de familles désapprouvent ses adeptes, qui une fois en transe, se coupent avec des couteaux, des tessons de bouteille ou tout autre objet tranchant. Les
femmes en transe sont capables d’égorger un mouton avec les dents ou de manger un poulet vivant avec du sang et les plumes.
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Oro,
vodou semeur de terreur est un punisseur intransigeant. Il ne veut pas admettre de non initiés sur son chemin. Il sort en pays nago principalement. Il fait disparaître toutes les femmes curieuses qui osent se cacher pour le regarder. Quenum (1998, pp. 39-44) montre à quel point ce vodou sème la terreur et oblige les femmes à bien se comporter au foyer. Il écrit à ce propos :
«
Oro
en milieu traditionnel est tabou. Nul n’a le droit de parler d’Oro si ce n’est entre initiés dans le cercle des initiés. L’univers d’Oro est d’abord nocturne. Cet univers des sociétés secrètes est censé être celui de la terreur où les hommes adultes puisent leur force. En règle générale, il est interdit de sortir de chez soi. Mais si le cas se produisait, l’intéressé ne retrouverait plus jamais les siens. On dira qu’il a disparu à jamais,
lo gbé è. »
(Quenum, 1998, pp. 39-41).
Je me souviens avoir vécu les horreurs de Oro à l’âge de 14 ans. J’étais en vacances à Sakété, une région du plateau non loin de la frontière avec le Nigeria, région par excellence du Oro. C’était pendant le mois de juillet où les cérémonies du vodou se déroulaient. Pendant trois jours trois nuits, personne n’a eu le droit de voir la lumière du jour ou les étoiles scintillantes dans le ciel nocturne. Seuls les initiés pouvaient sortir pour aller faire les courses. Ce vodou est très sexiste et misogyne. Aucune femme n’est tolérée dans son couvent. Tous les défauts qu’il reproche à la société sont portés par des femmes. Ma tante, sage femme principale de la région et donc bénéficiant de respect, était la seule autorisée à négocier afin que les parturientes, voilées, puissent venir chez elle pour accoucher.
Ma tante faisait dos à la porte fermée et négociait avec un des prêtres.
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Koutito
ou
égoun goun
, « Esprits des morts, revenant ».
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Zangbéto
, « gardien nocturne ».
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Kinninssi, Avlékété.
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Dangbé
, (le python sacré).
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Dan Aiïdowedo
, L’arc-en-ciel, il représente la fécondité et la richesse.

 


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